Circulaire DGS/SD7A-DHOS/E4-DGAS/SD2 no 2005-493 du
28 octobre 2005
relative à la prévention du risque lié aux légionelles
dans les établissements sociaux et médico-sociaux d’hébergement pour
personnes âgées
Références :
Code de la santé publique dans sa première partie, livre III,
titre deuxième relatif à la sécurité sanitaire des eaux et des aliments ;
Code de l’environnement ;
Loi relative à la politique de santé publique no 2004-806
du 9 août 2004 ;
Décret no 2004-1331 du 1er décembre 2004
modifiant la nomenclature des installations classées ;
Circulaire DHOS/E4/E2/DGAS/2C/DGS/SD7A no 377 du
3 août 2004 relative aux matériels de prévention et de lutte contre les
fortes chaleurs dans les établissements de santé et les établissements
d’hébergement pour personnes âgées ;
Circulaire DGS/SD7A/SD5C-DHOS/E4 no 2002/243 du
22 avril 2002 relative à la prévention des risques liés aux légionelles
dans les établissements de santé ;
Circulaire DGS no 97/311 du 24 avril 1997 relative à la
surveillance et à la prévention de la légionellose ;
Arrêté du 13 décembre 2004 relatif aux installations de
refroidissement par dispersion d’eau dans un flux d’air soumises à
autorisation au titre de la rubrique no 2921 ;
Arrêté du 13 décembre 2004 relatif aux prescriptions générales
applicables aux installations classées pour la protection de
l’environnement soumises à déclaration sous la rubrique no 2921,
installations de refroidissement par dispersion d’eau dans un flux d’air ;
Rapport du Conseil supérieur d’hygiène publique de France (CSHPF)
relatif à la gestion des risques liés aux légionelles, novembre 2001.
Texte modifié : circulaire DGS no 98/771 du
31 décembre 1998 relative à la mise en oeuvre de bonnes pratiques
d’entretien des réseaux d’eau dans les établissements de santé et aux
moyens de prévention du risque lié aux légionelles dans les installations
à risque des bâtiments recevant du public.
Annexes :
Fiche no 1 : conception et maintenance des
installations de distribution d’eau ;
Fiche no 2 : surveillance de la température et des
concentrations en légionelles dans l’eau des installations intérieures de
production et de distribution ;
Fiche no 3 : actions préconisées en fonction des
concentrations en légionelles dans l’eau des installations intérieures de
production et de distribution ;
Fiche no 4 : règles de surveillance pour les autres
installations à risque. Le ministre de la santé et des solidarités, le ministre délégué à la
sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la
famille à Madame et Messieurs les préfets de région (directions régionales
des affaires sanitaires et sociales [pour information]) ; Mesdames et
messieurs les préfets de département (directions départementales des
affaires sanitaires et sociales [pour attribution et diffusion]). La loi no 2004-806 du 9 août 2004 relative à la
politique de santé publique prévoit de réduire de 50 % l’incidence des cas
de légionelloses d’ici à 2008. Cet objectif est applicable à l’ensemble
des établissements sociaux et médico-sociaux et en particulier aux
établissements accueillant des personnes âgées, objet de la présente
circulaire.
En conséquence, la présente circulaire a pour objectif d’attirer
l’attention des gestionnaires des établissements sociaux et médico-sociaux
d’hébergement pour personnes âgées sur la nature et la gravité d’un risque
lié aux légionelles en rapport avec l’eau distribuée aux points d’usage,
sur leurs obligations en matière de sécurité sanitaire des eaux
distribuées par le réseau intérieur des établissements. Elle en précise
les modalités de mise en oeuvre par les gestionnaires des établissements
en ce qui concerne la surveillance de la qualité de l’eau vis-à-vis du
risque lié aux légionelles.
La présente circulaire remplace, en ce qui concerne les établissements
sociaux et médico-sociaux d’hébergement pour personnes âgées, les
recommandations de la partie II de la circulaire DGS no 98/771
du 31 décembre 1998.
I. - LA LÉGIONELLOSE : DONNÉES ÉPIDÉMIOLOGIQUES
La légionellose est une infection respiratoire
provoquée par la bactérie du genre Legionella qui se développe dans
les milieux aquatiques naturels ou artificiels. Les sources de
contamination le plus souvent incriminées sont les installations dont la
température de l’eau est comprise entre 25 et 42 oC et qui
produisent des aérosols. Selon l’Institut de veille sanitaire (InVS), le
nombre de cas déclarés en 2004 est de 1 202. La létalité est évaluée pour
l’année 2004 à 14 % (138 décès parmi 1 013 cas dont l’évolution était
connue). La fréquence des cas de légionellose déclarés est plus élevée
chez les personnes âgées de plus de quatre-vingts ans que parmi les autres
groupes d’âge de la population. Le nombre de cas de légionellose déclarés
par année auprès de l’Institut de veille sanitaire dont l’exposition à
risque est attribuable aux maisons de retraite est en augmentation depuis
plusieurs années : 35 cas en 2002 (3 % du nombre total des cas déclarés en
2002), 45 cas en 2003 (4 % du nombre total des cas déclarés en 2003),
66 cas en 2004 (5 % du nombre total des cas déclaré en 2004).
Pour mémoire, tout cas de légionellose possible ou confirmé doit être
signalé sans délai au médecin inspecteur de santé publique de la DDASS,
par le médecin qui en fait le diagnostic, le responsable du laboratoire
d’analyses de biologie médicale ou du service de biologie (art. R. 3113-4
du code la santé publique). Le médecin ou le responsable doit ensuite le
notifier à l’aide d’une fiche à la DDASS (art. R. 3113-2 et R. 3113-3 du
code de la santé publique).
II. - OBLIGATIONS JURIDIQUES INCOMBANT AUX GESTIONNAIRES DES
ÉTABLISSEMENTS RECEVANT DU PUBLIC EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ SANITAIRE DE
L’EAU LIVRÉE AU PUBLIC
Les obligations juridiques incombant aux gestionnaires
d’établissements recevant du public (ERP) et notamment aux gestionnaires
d’établissements sociaux et médico-sociaux pour personnes âgées
ressortissent aux dispositions du code de la santé publique dans sa
première partie, livre III, titre deuxième relatif à la sécurité sanitaire
des eaux et des aliments.
Ces dispositions législatives en matière de surveillance de la qualité
de l’eau au robinet livrée aux usagers dans les établissements recevant du
public reposent notamment sur les articles L. 1321-1 et L. 1321-4 du code
de la santé publique. L’article L. 1321-1 précise notamment que « toute
personne qui offre au public de l’eau en vue de l’alimentation humaine, à
titre onéreux ou gratuit et sous quelque forme que ce soit, y compris la
glace alimentaire, est tenue de s’assurer que cette eau est propre à la
consommation ». A cet égard, l’article L. 1321-4 prévoit notamment que
« toute personne publique ou privée responsable d’une distribution [...]
qu’il s’agisse de réseaux publics ou de réseaux intérieurs [...] est tenue
de [...] prendre toutes mesures correctives nécessaires en vue d’assurer
la qualité de l’eau, et en informer les consommateurs en cas de risque
sanitaire ».
Ces dispositions législatives ont pour conséquence de soumettre les
responsables des établissements recevant du public, parmi lesquels
figurent les établissements sociaux et médico-sociaux d’hébergement pour
personnes âgées, notamment aux obligations de :
- fournir une « eau qui ne doit pas contenir un nombre ou une
concentration de micro-organismes, de parasites ou de toutes autres
substances constituant un danger potentiel pour la santé des personnes »
(art. R. 1321-2 du code de la santé publique) ;
- surveiller la qualité de l’eau à l’aide « d’un examen régulier des
installations ; un programme de tests ou d’analyses effectués sur des
points déterminés en fonction des risques identifiés que peuvent présenter
les installations » ; tenir « un fichier sanitaire recueillant l’ensemble
des informations collectées à ce titre » (art. R. 1321-23 du code de la
santé publique) ;
- tenir « à la disposition du préfet les résultats de la surveillance
de la qualité des eaux ainsi que toute information en relation avec cette
qualité » (art. R. 1321-25 du code de la santé publique) ;
- « afin de réduire ou d’éliminer le risque » [...] « prendre toute
mesure technique appropriée pour modifier la nature ou la propriété des
eaux avant qu’elles ne soient fournies. Cette obligation s’impose
notamment, quelle que soit l’imputabilité, pour les locaux ou
établissements où l’eau est fournie au public, tels que les écoles, les
hôpitaux et les restaurants » (art. R. 1321-44 du code de la santé
publique).
III. - DISPOSITIONS TECHNIQUES RELATIVES À LA GESTION DU RISQUE LIÉ À LA
PROLIFÉRATION DES LÉGIONELLES DANS LES INSTALLATIONS À RISQUE
Les actions préventives ont pour but de limiter les conditions
favorables à la survie et à la prolifération des légionelles dans les
installations à risque et de limiter leur diffusion sous forme d’aérosols.
Une installation à risque est une installation susceptible d’exposer des
personnes à des aérosols d’eau contaminée inférieurs à cinq micromètres.
Les installations suivantes sont concernées en priorité :
- réseaux d’eau chaude desservant les douches ou douchettes
(alimentant les salles de bains, les salons de coiffure, etc.) ;
- humidificateurs, bacs à condensats utilisés dans les systèmes de
chauffage et de climatisation.
Actuellement, les installations de production et de distribution d’eau
chaude semblent être à l’origine du plus grand nombre de cas de
légionellose dans les établissements recevant du public. Aussi, la
présente circulaire développe-t-elle plus particulièrement les mesures de
gestion des risques liés à ces installations. Pour limiter le
développement des légionelles, il convient d’agir à trois niveaux :
- éviter la stagnation de l’eau et en assurer une bonne circulation ;
- lutter contre l’entartrage et la corrosion par une conception et un
entretien adaptés à la qualité de l’eau et aux caractéristiques de
l’installation ;
- maintenir l’eau à une température élevée dans les installations,
depuis la production et tout au long des circuits de distribution et
mitiger l’eau au plus près des points d’usage.
Les actions préventives visent :
- la conception des installations ;
- la maintenance et l’entretien ;
- la maîtrise de la température de l’eau.
La mise en oeuvre de ces actions limite voire supprime la nécessité de
réaliser des interventions « curatives » ponctuelles sur le réseau telles
que des chocs chlorés ou des chocs thermiques, lesquelles ne garantissent
pas une réduction durable de la contamination. En outre, de telles mesures
peuvent parfois avoir pour conséquences un déséquilibre de la flore
microbienne et la dégradation des installations, favorisant ainsi la
création de nouveaux gîtes favorables à la prolifération des légionelles.
Afin de limiter de tels risques, des recommandations sont incluses
dans une série de fiches techniques, annexées à la présente circulaire :
La fiche 1 relative à la conception et à la maintenance des
installations de distribution d’eau chaude sanitaire. Elle présente en
outre des consignes relatives à la température de l’eau chaude à respecter
pour le système de production d’eau chaude, le réseau de distribution et
les points de puisage de l’eau.
Les fiches 2 et 3 concernent respectivement la surveillance des
installations de distribution d’eau via le suivi de la température et des
concentrations en légionelles et les actions préconisées en fonction des
concentrations en légionelles. Les résultats d’analyses de légionelles
représentent des indicateurs de l’efficacité des actions de prévention
engagées. Toutefois, en raison de leur coût, des délais nécessaires à
l’obtention de résultats et des incertitudes qui peuvent y être attachées,
la seule réalisation d’analyses de légionelles ne constitue pas un moyen
suffisant de surveillance des installations. La température est un
indicateur indirect de la présence ou de l’absence de légionelles dans les
réseaux de distribution d’eau qu’il est nécessaire de mesurer en divers
points représentatifs des réseaux de distribution d’eau.
La fiche 4 définit des règles de surveillance pour les autres
installations à risque.
IV. - MISE EN OEUVRE DE CES DISPOSITIONS
TECHNIQUES
En application notamment de l’article R. 1321-23
du code de la santé publique, il est demandé aux gestionnaires des
établissements sociaux et médico-sociaux recevant des personnes âgées de
concevoir, d’adopter et de mettre en oeuvre dans chaque établissement un
programme de surveillance et de maintenance des installations qui inclura
notamment :
1. La définition d’un protocole et d’un calendrier de surveillance
des installations de production et de distribution d’eau et des autres
installations à risque, comprenant pour chaque installation une
surveillance de la température de l’eau et des concentrations en
légionelles.
2. La définition d’un protocole et d’un calendrier d’entretien et de
maintenance des installations de distribution d’eau intérieures aux
établissements.
3. La mise en place d’un carnet sanitaire de surveillance de chaque
installation à risque (réseau de distribution d’eau, tours de
refroidissement, etc.) dans lequel l’ensemble des opérations réalisées
doivent être consignées : extensions de réseaux, opérations de
maintenance, résultats des analyses de l’eau, relevés de température,
volumes consommés en eau froide et en eau chaude, etc. Il convient de
mettre constamment à jour les carnets sanitaires, d’exploiter
régulièrement les données et de les tenir à disposition des autorités
sanitaires et des personnes intervenant sur le réseau de distribution. Ce
carnet sanitaire pourra être joint au document unique concernant l’hygiène
et la sécurité au sein des établissements.
Le programme de surveillance et de maintenance des installations est
placé en annexe de la convention tripartite de l’établissement lors sa
signature ou de son renouvellement. Si la conclusion d’un avenant
spécifique est inutile en dehors des cas de contamination de l’eau de
l’établissement (cf. infra), toute modification de la convention
peut être l’occasion d’inclure ce programme en annexe de la convention.
Dans cette attente, ce programme fait partie intégrante du schéma de
sécurité générale de l’établissement.
Les gestionnaires des établissements où des installations à risque
présentent des contaminations de l’eau dépassant l’objectif cible de 103 UFC/L
en Legionella pneumophila devront mettre en oeuvre un plan d’action
visant à prévenir les risques liés aux proliférations de légionelles. Pour
les établissements devant passer une convention tripartite, l’adoption
d’un tel plan devra figurer parmi les mesures prioritaires à mettre en
oeuvre dans le cadre des conventions tripartites ou faire l’objet d’un
avenant à ladite convention. Ce plan d’action aura pour objectif la mise
en conformité de la qualité de l’eau ; il comprendra outre les mesures
précitées :
1. Une expertise des installations de distribution d’eau.
2. La définition, le cas échéant, d’une planification de travaux de
réfection des installations de distribution d’eau afin de supprimer les
défauts de conception. La mise en oeuvre de ces travaux devra se faire
progressivement selon une planification et un programme à établir tenant
compte des priorités identifiées dans chaque établissement.
Enfin, conformément à l’article R. 1321-25 du code de la santé
publique, le gestionnaire de l’établissement mettra à la disposition du
préfet, les résultats de la surveillance de la qualité des eaux et toute
information en relation avec la qualité de l’eau distribuée ; il portera à
la connaissance du préfet tout incident pouvant avoir des conséquences
pour la santé publique.
*
* *
Vous diffuserez cette circulaire à l’ensemble des
établissements sociaux et médico-sociaux d’hébergement pour personnes
âgées de votre département ainsi qu’aux présidents des conseils généraux.
Nous vous demandons en outre d’organiser en lien avec le conseil général
la tenue de réunions d’information et de sensibilisation des gestionnaires
des établissements concernés sur le contenu de la présente circulaire,
afin de leur permettre de prendre la mesure de l’enjeu sanitaire, de leur
responsabilité juridique au titre de la sécurité sanitaire de l’eau
distribuée et des recommandations techniques à mettre en oeuvre.
Vous contribuerez par ailleurs au suivi de l’efficacité du dispositif.
Des enquêtes d’impact seront réalisées dans ce but à partir de 2006 dont
la méthodologie et les modalités vous seront précisées ultérieurement.
D’ores et déjà, il vous est demandé de faire parvenir à la DGS avant la
fin 2005, par l’intermédiaire des DRASS qui en feront une synthèse, un
bilan des réunions que vous aurez organisées (date, nombre
d’établissements participants, questions soulevées) et du nombre
d’établissements qui auront fait l’objet en 2005 d’un contrôle
d’inspection de la sécurité sanitaire de l’eau distribuée vis-à-vis du
risque lié aux légionelles. Ces actions devront être poursuivies au delà
de 2005.
Nous vous demandons de nous faire part, sous le présent timbre, des
difficultés éventuelles rencontrées dans la mise en oeuvre de la présente
circulaire.
Pour le ministre et par délégation : Le directeur de l’hospitalisation
et de l’organisation des soins, J. Castex
Pour le ministre et par délégation : Le directeur général de la santé, Pr D. Houssin
Le directeur général
de l’action sociale, J.-J. Trégoat
SOMMAIRE DES FICHES
Fiche 1 - Conception et maintenance des
installations de distribution d’eau.
Fiche 2 - Surveillance de la température et des concentrations en
légionelles dans l’eau des installations intérieures de production et de
distribution.
Fiche 3 - Actions préconisées en fonction des concentrations en
légionelles dans l’eau des installations intérieures de production et de
distribution.
Fiche 4 - Règles de surveillance pour les autres installations à
risque.
FICHE 1
Conception et maintenance
des installations de distribution d’eau
La circulaire DGS no 97/311 du
24 avril 1997 relative à la surveillance et à la prévention de la
légionellose précise les mesures à mettre en oeuvre dans ce cadre pour les
installations à risque. La présente fiche complète les dispositions de
cette circulaire en ce qui concerne les installations de distribution
d’eau.
Rappel : les légionelles prolifèrent dans les installations de
production ou de distribution d’eau lorsque la température est comprise
entre 25 et 43 oC, lorsque l’eau stagne et en présence de
dépôts de tartre, de résidus métalliques comme le fer et le zinc, de
certains matériaux tels que le caoutchouc ou le silicone et d’autres
micro-organismes des milieux aquatiques, comme les cyanobactéries ou les
amibes libres. Pour plus d’information sur l’état des connaissances
relatives à l’évaluation des risques liés aux légionelles, vous voudrez
bien vous référer au rapport du CSHPF cité en référence.
Compte tenu de la faible production d’aérosols lors de l’utilisation
normale de l’eau à un robinet, les dispositions préventives et les
modalités de surveillance des installations préconisées par le présent
document doivent être menées prioritairement dans les bâtiments pourvus de
douches, douchettes ou toute autre installation ou équipement raccordés
sur les réseaux intérieurs de distribution d’eau chaude sanitaire ou d’eau
froide susceptibles de générer des aérosols.
D’une manière générale, pour limiter le développement des légionelles,
il est nécessaire d’agir à trois niveaux :
- éviter la stagnation de l’eau et en assurer une bonne circulation ;
- lutter contre l’entartrage et la corrosion par une conception et un
entretien adapté à la qualité de l’eau et aux caractéristiques de
l’installation ;
- maîtriser la température de l’eau dans les installations, depuis la
production et tout au long des circuits de distribution.
Dans les bâtiments existants, des travaux de réfection peuvent
s’avérer nécessaires afin de supprimer les défauts de conception. Il sera
nécessaire de réaliser au préalable une expertise des installations de
distribution d’eau internes aux établissements médico-sociaux pour
personnes âgées. Lorsque les installations à risque présentent des
contaminations de l’eau dépassant l’objectif cible de 103 UFC/L
en Legionella pneumophila, les gestionnaires des établissements
devront mettre en oeuvre un plan d’action visant à prévenir les risques
liés aux proliférations de légionelles qui inclut une expertise des
installations de distribution d’eau. Cette expertise comportera
notamment :
- le relevé d’un plan et d’un descriptif des réseaux (tracé, système
de production d’eau chaude, structure du réseau de distribution, état des
canalisations, matériaux constitutifs, mode de circulation de l’eau,
appareils de traitement de l’eau, températures de l’eau en différents
points, vannes, etc.) ;
- un recensement des points critiques des installations de
distribution de l’eau, c’est-à-dire les points susceptibles d’engendrer
une prolifération des légionelles, à savoir :
- les zones où l’eau stagne ou circule mal (mauvais équilibrage
du réseau, retour de boucle d’eau chaude sanitaire mal dimensionné,
ballons, réservoirs, bras morts, etc.) ;
- les points d’usage peu utilisés ou utilisés très
irrégulièrement (douches, douchettes des salons de coiffure, etc.) ;
- les zones où la température de l’eau chaude est (ou est
susceptible) de descendre en dessous de 50 oC (absence
d’éléments de protection anti-retour adaptés, retour d’eau froide dans le
réseau d’eau chaude, cordons chauffants défectueux, etc.) ;
- les zones susceptibles d’être pour d’autres raisons que celles
énoncées précédemment particulièrement contaminées (vétusté des
installations, corrosion, etc).
- une évaluation de l’état de contamination des installations de
distribution de l’eau.
Toutes les informations concernant la gestion de l’eau dans
l’établissement doivent être consignées dans un carnet sanitaire
constamment maintenu à jour, comportant notamment :
- les plans des réseaux actualisés ;
- la liste des travaux de modification, de rénovation ou d’extension
des installations de distribution d’eau ;
- les opérations de maintenance et d’entretien réalisées ;
- les traitements de lutte contre le tartre et la corrosion
réalisés ;
- les traitements de désinfection réalisés ;
- les résultats d’analyses concernant l’évolution de la qualité de
l’eau ;
- les relevés de températures ;
- les volumes consommés (eau froide/eau chaude).
La température de l’eau est un facteur important conditionnant la
survie et la prolifération des légionelles dans les réseaux d’eau. Si ces
germes sont capables de survivre plusieurs mois à des températures basses
(moins de 25 oC), leur viabilité est réduite à partir de 50 oC.
La zone de température comprise entre 20 oC et 50 oC
doit être réduite au maximum dans les réseaux collectifs d’eau chaude pour
limiter leur présence. Le respect de consignes de températures en
différents points des installations de distribution d’eau chaude sanitaire
constitue un moyen de prévention efficace pour limiter leur prolifération.
Un bon équilibrage du réseau peut permettre d’atteindre ces températures.
Les réseaux d’eau froide intérieurs peuvent être colonisés si les
canalisations sont anormalement réchauffées soit par contact avec le
réseau d’eau chaude, soit en raison d’une température élevée des locaux,
soit par arrivée d’eau chaude dans l’eau froide au niveau de mitigeurs
d’eau. Il convient donc de veiller à ce que la température de l’eau froide
n’augmente pas au-dessus de 20 oC et à ce que les canalisations
d’eau froide et d’eau chaude soient calorifugées séparément.
Diverses recommandations sont précisées dans les tableaux ci-après
concernant notamment la conception, la maintenance et l’entretien, les
consignes de température à respecter.
Tableau
no 1 : Caractéristiques des installations de distribution d’eau
chaude sanitaire
DISPOSITIF TECHNIQUE
concerné
CONCEPTION/AJOUT/
suppression d’équipement
ENTRETIEN/FRÉQUENCE
ACTIONS SPÉCIFIQUES
relatives à la température de l’eau
Système de production d’eau chaude
sanitaire. Pour les installations neuves, la production instantanée
d’eau chaude sanitaire est la plus appropriée
Mode de production d’eau chaude
sanitaire à partir d’un échangeur à plaques
- Contrôle annuel du disconnecteur sur
l’alimentation en eau du réseau primaire.
- Vérification périodique de l’étanchéité des joints de l’échangeur.
- Lutte contre le tartre et la corrosion. La lutte contre
l’entartrage nécessitera, dans bien des cas, le recours à des
adoucisseurs qui, mal entretenus, peuvent favoriser la prolifération
bactérienne. Les conditions d’emploi des résines échangeuses d’ions
sont précisées dans les circulaires DGS/PGE/1.D no 1136
du 23 juillet 1985 et no 862 du 27 mai 1987.
- Réglage de l’échangeur à plaques de
manière à délivrer en permanence une eau à une température
supérieure à 50o C en tout point du réseau de
distribution.
- Il est nécessaire de connaître la qualité de l’eau afin de prendre
en compte les risques liés à l’entartrage ou à la corrosion du
dispositif de production d’eau chaude sanitaire.
Mode de production d’eau chaude
sanitaire à partir d’un ballon d’eau chaude (électrique, gaz ou
autre)
- Ajouter, en cas d’absence d’une
vanne, une vanne de purge 1/4 de tour au point bas du ballon.
- Mettre en place sur l’évacuation des eaux de vidange une rupture
de charge par surverse avant le raccordement au réseau d’eaux usées.
- Nettoyage, détartrage, et
désinfection au moins une fois par an (la conception du ballon doit
prévoir ces opérations : présence de trou d’homme d’au moins 50
centimètres de diamètre pour les ballons supérieurs à 1 000 litres).
- Ouverture complète de la vanne de vidange toutes les semaines.
- La température de l’eau à la sortie
du ballon doit être en permanence supérieure à 55o C.
- Élévation quotidienne de la température du ballon au-delà de 60o
C.
Réservoir de stockage d’eau chaude
(peut être préchauffée à partir d’un système de récupération
d’énergie)
- Le concept de récupération d’énergie
doit être réétudié pour prendre en compte le risque lié aux
légionelles.
- Préférer les dispositifs par échanges thermiques.
- Entretien périodique : nettoyage,
détartrage, et désinfection au moins une fois par an.
- Suppression de tous les réservoirs
de stockage d’eau préchauffés ou non à une température inférieure à
55o C. Ils favorisent le développement bactérien.
Réseau de distribution d’eau chaude
sanitaire pour les installations neuves ou faisant l’objet d’une
restructuration, un retour de boucle pour l’eau chaude sanitaire
doit être prévu. Le mitigeage de l’eau doit être réalisé le plus
près possible du point d’usage.
Le réseau de distribution d’eau chaude
sanitaire
- Repérer et identifier les réseaux
par un plan de récolement. Les actualiser à chaque modification du
réseau.
- Remplacer les canalisations en mauvais état.
Les opérations de rénovation devront avoir pour but la
simplification du réseau et la réduction du maillage (boucles
courtes).
- Identifier et supprimer tous les bras morts.
- Assurer une bonne circulation de l’eau.
- Calorifuger séparément le réseau d’eau chaude sanitaire et le
réseau d’eau froide.
- Mettre en place un système de suivi de la température pour
contrôler l’évolution de la température de l’eau en différents
points de l’établissement.
- Le diamètre des canalisations doit prendre en considération les
besoins d’écoulement permettant d’assurer une température suffisante
en tout point du réseau.
- Suivi de l’évolution de la corrosion
ou de l’entartrage des canalisations d’eau chaude (fréquence
annuelle). Il est recommandé de mettre en place des manchettes
démontables de contrôle de même nature que le réseau.
- Analyse et interprétation périodiques des températures de l’eau
distribuée afin de corriger rapidement les dysfonctionnements
éventuels du réseau d’eau chaude sanitaire. Comparaison des
résultats des données acquises par rapport aux valeurs seuils hautes
et basses préalablement définies.
- Tenir à jour et archiver l’information.
- Pour prévenir le risque de
prolifération des légionelles il est souhaitable de maintenir l’eau
chaude sanitaire à une température supérieure à 50o C en
permanence en tous points du réseau.
- Le réseau d’eau mitigée ne doit plus distribuer de l’eau à une
température inférieure à 50o C.
Si le réseau est bouclé :
- Il est fortement recommandé de
prévoir dès la conception un retour de boucle pour l’eau chaude
sanitaire. Les organes de réglage devront fonctionner dans leur
plage normale de fonctionnement.
- La distance entre les points de puisage et le réseau bouclé doit
être réduite au minimum.
- Attention : le redimensionnement des pompes de recirculation peut
se traduire par un décrochage de biofilm et d’éléments de corrosion.
- Vérification périodique du débit des
pompes de recirculation.
- Vérification de l’équilibrage du réseau par mesure des débits
circulant dans chacune des boucles.
- La température en retour de boucle
doit être en permanence supérieure à 50o C.
- L’interprétation périodique des courbes de température permet
d’ajuster manuellement ou automatiquement le débit des pompes de
recirculation et éventuellement de rééquilibrer le réseau.
Si le réseau n’est pas bouclé :
- Étudier la faisabilité de la mise en
oeuvre d’un bouclage de l’eau chaude sanitaire.
- En l’attente de la réalisation de ces travaux, il convient de
prendre des mesures provisoires pour assurer le maintien de la
température de l’eau par un cordon chauffant électrique placé autour
de la canalisation d’eau chaude. Il est indispensable d’être très
vigilant sur la qualité et les performances du cordon chauffant
électrique, en cas de réseau non bouclé.
- Ouverture régulière des robinets de
puisage d’eau chaude recommandée pour compenser la chute de
température liée à l’absence de bouclage.
Les points d’usage de l’eau
Points d’usage de l’eau
Il est préférable de supprimer les
points d’eau très peu ou jamais utilisés. Le mitigeage de l’eau doit
se faire au plus près possible du point d’usage. Il est recommandé
d’installer des flexibles de douche à la place des pommeaux fixes
afin de limiter les aérosols. Il est conseillé de remplacer les
mousseurs par des brise-jet, moins sujets à l’entartrage. Pour
prévenir le risque de brûlures tous les points d’usage, en
particulier les douches, doivent être équipés de mélangeurs avec
limiteur de température ou de mitigeurs thermostatiques. Pour les
mitigeurs, prévoir des clapets anti-retour au plus près du point
d’usage.
Contrôle annuel du bon fonctionnement
des vannes, clapets, mitigeurs... Entretien des appareils de
robinetterie (têtes de robinets, flexibles et pommeaux de douches) :
détartrage, désinfection, etc. Remplacement des accessoires de
robinetterie usagés ou en mauvais état (y compris tous les joints).
Si l’établissement est équipé de mitigeur, des procédures de
nettoyage doivent être mises en oeuvre. Purges régulières des points
d’eau, après leur nettoyage et désinfection, des chambres inoccupées
(par exemple, tous les jours pendant 5 minutes pour une chambre
située entre 2 chambres occupées) et tout particulièrement avant
l’arrivée d’un nouvel occupant et purges de points d’eau commun
utilisés irrégulièrement (salons de coiffure, douches communes, etc.).
Purges particulières des canalisations situées au dernier étage des
bâtiments, dans le cas où elles ne bénéficient pas de bouclage.
Entretien des mitigeurs : démontage et détartrage de la chambre de
mélange et remplacement de la cartouche de réglage.
La température de l’eau délivrée au
point de puisage doit être inférieure à 50o C pour éviter
le risque de brûlure. Il est recommandé de préciser, avec un
pictogramme à proximité du point d’usage de l’eau, la température
réelle de l’eau chaude. Avant la prise de douches, il est recommandé
de faire couler au sol l’eau jusqu’à stabilisation de la température
(15 secondes minimum).
FICHE 2
Surveillance de la température et des
concentrations en légionelles dans l’eau des installations intérieures de
production et de distribution
Une stratégie de surveillance doit être mise en place dans le but
d’évaluer le bon état de la qualité de l’eau distribuée aux points d’usage
dans l’établissement. Le code de la santé publique fait obligation aux
personnes responsables de la distribution d’eau de surveiller la qualité
des eaux destinées à la consommation humaine (art. R. 1321-2, R. 1321-23
et R. 1321-25 du code de la santé publique). Cette surveillance inclut
notamment :
- un examen régulier des installations de production et de
distribution ;
- un programme de tests ou d’analyses effectués sur des points de
production et d’usage déterminés en fonction des risque identifiés que
peuvent présenter les installations ;
- la tenue d’un carnet sanitaire recueillant l’ensemble des
informations collectées à ce titre pour chaque installation. L’ensemble
des carnets sanitaires est rassemblé dans un fichier sanitaire tenu à jour
par le responsable de l’établissement.
Les résultats obtenus dans le cadre de la surveillance de ces
indicateurs doivent faire l’objet d’une interprétation et, si nécessaire,
entraîner la mise en oeuvre d’actions correctives (cf. fiches no 1
et n° 3).
Le choix des points de contrôle et la périodicité des prélèvements ne
peuvent être définis une fois pour toutes. Ils dépendent en effet des
résultats analytiques observés, de l’usage qui est fait des installations,
de l’exposition et des facteurs de risque des personnes résidant dans
l’établissement, ainsi que des difficultés éventuellement rencontrées pour
traiter les épisodes de contamination du réseau.
La stratégie d’échantillonnage, en vue de l’analyse de légionelles,
doit être adaptée à l’objectif poursuivi : diagnostic du réseau, mise en
évidence de dysfonctionnements, connaissance des expositions, etc.
La fréquence de surveillance ne pourra être inférieure à un
prélèvement annuel pour recherche des Legionella pneumophila. Elle
devra être pratiquée, selon la norme NF T90-431, sur chaque réseau de
distribution d’eau chaude sanitaire, au niveau des points suivants :
- au point de mise en distribution (à défaut, le point d’usage le
plus près du ballon) ;
- les points d’usage les plus défavorisés : point où la perte de
charge est la plus importante (1 ou 2 échantillons) ;
- 2 ou 3 points d’usage représentatifs ;
- sur le retour de la boucle la plus éloignée.
Le prélèvement devra être systématiquement accompagné d’une mesure de
la température de l’eau dont le résultat devra être mentionné sur le
bordereau d’envoi de l’échantillon. Ces prélèvements devront être réalisés
par une personne formée aux techniques de prélèvements et les conditions
de transport et de stockage d’échantillon prévues par la norme NF T90-431
devront impérativement être respectées.
Pour les prélèvements effectués aux points d’usage lors des
prélèvements de routine, il est recommandé de :
- faire les prélèvements à un moment de la journée où les
installations sont exploitées dans des conditions normales, par exemple en
milieu de journée ;
- choisir des points d’usage couramment utilisés ;
- réaliser le prélèvement sur le premier litre d’eau obtenu
(« premier jet »).
Les résultats des analyses de légionelles dans l’eau chaude sanitaire
peuvent être influencés par de nombreux facteurs, notamment par le moment
choisi pour effectuer les prélèvements :
- le résultat de l’analyse d’un prélèvement d’eau réalisé quelques
jours après un choc chloré ou thermique est uniquement représentatif de
l’efficacité ponctuelle de la procédure de désinfection. La recolonisation
d’un réseau peut intervenir dans les trois à quatre semaines suivant le
traitement ;
- l’heure de l’échantillonnage au point de puisage est aussi un
facteur déterminant : le matin avant soutirage d’eau, les résultats
obtenus correspondent à la stagnation de la nuit alors qu’en milieu de
matinée, ils correspondent à un tirage abondant. Les concentrations
varient de même selon que le prélèvement est réalisé au premier jet ou
après écoulement de l’eau.
Dans le cadre de l’autosurveillance de la qualité de l’eau qui incombe
au responsable de l’établissement, il est vivement recommandé de
s’adresser aux trois catégories de laboratoires ci-après :
- laboratoires agréés par le ministre chargé de la santé pour le
contrôle sanitaire de la qualité des eaux minérales naturelles ;
- laboratoires agréés par le ministre chargé de la santé pour le
contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine qui
réalisent les analyses de légionelles ;
- laboratoires accrédités par le COFRAC pour le paramètre légionelles.
Dans tous les cas, si l’établissement ne s’adresse pas à l’une des
catégories de laboratoires décrite ci-dessus, il est fortement conseillé
au gestionnaire de l’établissement de s’assurer que le laboratoire répond
aux exigences minimales suivantes : le laboratoire utilise la norme NF
T90-431, il participe à des réseaux d’intercalibration conformes à la
norme ISO 43 et dispose d’une expérience significative dans le domaine des
analyses de la qualité des eaux.
FICHE 3
Actions préconisées en fonction des concentrations
en légionelles dans l’eau des installations intérieures de production et
de distribution
Dans le tableau ci-après figurent différents types d’actions
préconisées en fonction des concentrations observées en Legionella
pneumophila (Cf. articles R. 1321-29 et 30 du code de la santé
publique). Ces préconisations doivent être adaptées à chaque situation.
Elles doivent être mises en oeuvre non seulement sur les secteurs
contaminés mais sur tous ceux qui sont susceptibles de l’être, dès lors
qu’une analyse effectuée à l’un des points représentatifs égale ou dépasse
103 UFC Legionella pneumophila/litre d’eau. Les actions
doivent être appliquées jusqu’au retour à des niveaux de contamination
inférieurs à 103 UFC Legionella pneumophila/litre d’eau.
Tableau no 1 : Actions préconisées en fonction des
concentrations en Legionella pneumophila dans l’eau des
installations de distribution aux points d’usage
L’objectif cible est de maintenir la
concentration en légionelles à un niveau inférieur à 103
UFC Legionella pneumophila/litre d’eau
- Entretenir régulièrement les réseaux
et les équipements ;
- Surveiller régulièrement les paramètres physiques (température de
l’eau...) et microbiologiques.
Le fait d’atteindre 103 UFC
Legionella pneumophila/litre d’eau doit déclencher l’alerte et la
mise en place progressive des mesures suivantes
1. Mesures de base :
- Informer sans délai l’ensemble des personnels en charge de la
gestion de l’eau et des services d’hébergement concernés ;
- Rechercher l’origine des écarts avec les résultats des analyses
antérieures et rechercher les causes de la prolifération de
légionelles ;
- Evaluer l’étendue de la contamination du réseau ;
- Mettre en oeuvre les mesures nécessaires à la maîtrise de la
concentration en légionelles : détartrage, purge, réglage de la
température, travaux, etc. ;
- Renforcer la surveillance de la qualité de l’eau (paramètres
physiques et microbiologiques).
2. Selon l’importance de la prolifération :
- Mettre en oeuvre les actions curatives nécessaires : nettoyage et
désinfection (1), purge, montée en température, etc. ;
- Fournir une information adaptée aux personnes âgées et à leurs
familles (cf. article R. 1321-30 du code de la santé publique) ;
- En fonction de l’analyse bénéfice/risque faite au cas par cas,
supprimer les usages à risque (bains bouillonnants, douches...) et
mettre en oeuvre des moyens permettant de limiter l’exposition aux
aérosols (lavage au gant, bain, etc.) ;
- Evaluer l’efficacité des mesures mises en oeuvre par une
surveillance adaptée à l’importance de la contamination.
3) Le cas échéant, adopter un plan d’action visant à prévenir les
risques liés aux proliférations de légionelles (cf. p. 4 de la
présente circulaire).
(1) L’exploitant
s’assurera que le produit utilisé pour le nettoyage ou la
désinfection des réservoirs et des canalisations est agréé par le
ministère en charge de la santé. La distribution de l’eau n’est pas
autorisée pendant l’opération de nettoyage et de désinfection.
FICHE 4 Règles de surveillance d’autres installations à risque
I. - AUTRES INSTALLATIONS À RISQUE
DANS L’ETABLISSEMENT
Des recommandations générales de prévention
contre la prolifération de légionelles dans les systèmes de climatisation
à batteries, les bains à remous ou les bains à jets figurent dans la
circulaire DGS no 97/311 du 24 avril 1997 et il convient de s’y
conformer.
Par ailleurs, les installations décoratives de type fontaine, bassins
décoratifs à jets situés à l’intérieur de locaux, recyclant l’eau et
produisant des aérosols doivent faire l’objet de traitements et de
contrôles adaptés, de manière à maintenir les concentrations en
légionelles à des taux inférieurs au seuil de détection.
Les humidificateurs à ruissellement et à pulvérisation d’eau sous
pression, utilisés dans les installations de traitement d’air, sont à
proscrire. Afin d’éviter tout développement de microorganismes, il est
particulièrement recommandé d’utiliser des systèmes humidificateurs à
vapeur.
Les établissements d’hébergement pour personnes âgées doivent utiliser
de préférence des brumisateurs individuels et prioritairement ceux qui
sont pré-conditionnés et vendus couramment dans le commerce. Dans les cas
exceptionnels où des équipements de brumisation d’eau raccordés au réseau
seraient utilisés, il convient de vérifier que ces installations sont
alimentées par une eau contrôlée de température inférieure à 20o C
et dont les résultats des analyses de détection de légionelles sont
inférieurs à 250 UFC/L (conformément aux prescriptions de la circulaire du
3 août 2004 relative aux matériels de prévention et de lutte contre les
fortes chaleurs dans les établissements de santé et les établissements
d’hébergement pour personnes âgées). Ces équipements de brumisation
doivent se conformer aux préconisations fournies par le constructeur. En
tout état de cause, une maintenance adaptée devra être mise en oeuvre
comprenant des purges du réseau avant usage et après toute intervention
sur le réseau, une vidange complète des installations en cas d’arrêt
prolongé de l’équipement de brumisation, un nettoyage régulier, un
nettoyage (détartrage, désinfection) avant toute remise en eau suivant un
arrêt prolongé, une vérification de l’évacuation des bassins de collecte
des eaux, un changement des filtres, etc.
Il est nécessaire de mettre en place un carnet sanitaire dans lequel
l’ensemble des opérations réalisées sur ces équipements sont consignées
(exploitation, maintenance et entretien des installations, modalités et
résultats de la surveillance de la qualité de l’eau).
II. - TOURS
AÉRORÉFRIGÉRANTES HUMIDES
Les tours aéroréfrigérantes humides (TAR)
utilisées dans le cadre de la climatisation sont des installations de
refroidissement par dispersion d’eau dans un flux d’air qui relèvent de la
législation des installations classées pour la protection de
l’environnement (ICPE). Le contrôle de l’application de cette
réglementation est assuré par l’inspection des installations classées sous
l’autorité du préfet (direction régionale de l’industrie, de la recherche
et de l’environnement, DRIRE).
Les installations de refroidissement par dispersion d’eau dans un flux
d’air font l’objet de la rubrique 2921 de la nomenclature des
installations classées créée par décret du 1er décembre 2004.
Les prescriptions générales applicables aux installations soumises à
déclaration ou autorisation sous cette rubrique sont précisées dans les
arrêtés ministériels du 13 décembre 2004, publiés au Journal officiel
du 31 décembre 2004. Les gestionnaires des établissements devront
prendre attache auprès de la DRIRE afin de se mettre en conformité avec
cette réglementation.